Lettre à la République, paroles d’immigrés

Pour rédiger mon dernier post j’ai choisi de parler de culture française, d’identité nationale et de malaise dans les banlieues. Dans 3 semaines je serai de retour en France et une discussion sur ce sujet est comme un avant goût du retour à ma réalité.

À l’heure des élections présidentielles je trouve pertinent de m’appuyer sur le clip de Kery james « Lettre à la République ». Contrairement à certains, et même a beaucoup, le rap que nous écoutons ici n’est pas vulgaire, prétentieux et inculte.

Kery James dénonce le gouvernement français et les « costumes-cravates » des milieux aisés de ne pas comprendre la jeunesse, les banlieues, les classes populaires et en particulier les immigrés. Le clip est merveilleusement bien réussi et je trouve que l’idée d’aliénation qui nous a suivi toute la session est très bien illustrée. Que se soit avec les « costumes-cravates » qui sont comme des automates, les caddies remplis de courses VS les caddies remplis de déchets, le jeune et son sac sur la tête, dissimulé au regard de ceux qui ne veulent pas voir la réalité des « bas-fonds ».

Ce pays qui a tendance à oublier son passé colonial montre facilement du doigt les sans papiers et familles issues de l’immigration lorsqu’il cherche un coupable aux défaillances de son système fragile. Une partie de cette population, les classes populaires, couleurs confondues, n’a pas tout le temps les armes pour se défendre, elle est victime de son image « d’intrus » et souvent en partie à cause de difficultés financières et d’environnements fermés ne bénéficie pas de l’éducation qu’elle mérite.

Aujourd’hui 20% d »électeurs ont voté pour le Front National, le Front National qui s’est acharné intempestivement dans sa campagne contre l’islam. En ayant toujours l’impression que les arabes insultent la France et ne la respectent plus. Les médias y sont pour beaucoup, on préfère montrer des jeunes noirs qui se rebellent et font du vandalisme que les usines qui rejettent les roumains délogés à coup de matraque de leurs campements de fortunes pour être parqués comme des animaux, enfants compris. Leur seul tort étant d’avoir voulu fuir la pauvreté de leur pays sans savoir que celle-ci n’a pas de frontières.

On voudrait d’un « français unique avec une seule identité » mais la diversité et l’ouverture au monde est beaucoup plus enrichissante et épanouissante. Un pays comme la France qui a une Histoire et une culture riche ne devrait pas avoir peur de la différence mais devrait tenter de tendre la main aux classes populaires et colorées qui font la France.

Qui sont la France.

Les lunettes Google: Progrès ou Gadget ? Quand la réalité augmentée dépasse la réalité

Vous avez sûrement vu cette vidéo ou du moins entendu parler de ce projet, Google présente un prototype de lunettes virtuelles avec des fonctionnalités qui se rapprochent de celles dont les android sont dotés aujourd’hui: météo, cartes interactives, horaires de cinéma etc.. Le but étant de nous faciliter la vie en nous donnant des informations sur le monde qui nous entoure. Déjà des parodies apparaissent sur le net (vous pouvez les voir ici ).

La question que je me pose est: Pourquoi? La réponse la plus évidente étant sûrement: pour faire avancer les progrès de la (nano)technologie et de rendre la vie des gens plus facile…

Ou dans une optique plus réaliste de générer de nouveaux besoins afin de toucher toujours plus de recettes pachydermiques*.

Et nous les internautes, jeunes, geek, branchés, nous voyons là un produit high tech super innovant et carrément bien pensé qui rend presque transparent la technologie et qui nous offre de faire de ce monde réel gris sans aucun design et dotée d’une 3d très archaïque, un espace dynamique et interactif.

Après les Iphones, Ipads, Androïds de tous genres, Nintendo DS etc. qui ont le mérite et OUI je le reconnais ayant une grande expérience des transports en commun, de faire passer le temps dans le métro ou à l’arrêt de bus, mais qui font aussi barrage à la communication réelle** et à l’attention à notre monde VRAI (Oh un papillon! Oh une jolie fleur! Oh une oeuvre contemporaine : F***K YOU sur le panneau publicitaire…).

Trêve de plaisanteries, je suis pour les progrès de la science mais contre l’invasion des grosses multinationales dans nos vies au point que notre quotidien soit rythmée par elles( bien qu’il le soit déjà, citons facebook et apple pour ma part ).

Laissez-nous respirer et réfléchissez à des solutions pour dépolluer la planète et investir dans des centres de distribution alimentaires en Somalie BORDEL!

Source: Cartoonstock

* Pachydermique par lucie hassany = Quelque chose de monumental mais aussi lourd encombrant imposant à la manière du pachyderme

** Communication réelle par lucie hassany= « Bonjour Madame » « Bonjour Monsieur » « Suis-je sur le bon quai pour aller à Juvisy ? » « Oui, Monsieur » 

Sortir de la société du spectacle

Cette semaine je souhaiterais intervenir sur l’entrée de jialang sur la société du spectacle et sur l’industrie de la culture et notamment sur cette citation:

Dans le monde moderne, l’industrie de la culture est plus développée, comment devrions-nous débattre dans cette condition? C’est un problème à envisager.

Cependant, je ne peux pas obtenir la réponse. Mais je souhaite que je pourrais être Don Quichotte, il se bat contre le moulin à vent, et il a obtenu la dignité bien qu’il ait perdu.

Comment s’en sortir dans cette société de (sur)consommation où la culture devient instrument du pouvoir tout en gardant son individualité? Comment ne pas rentrer dans la société du spectacle, plus forte aujourdhui grâce notamment aux technologies de diffusion et de communication de masse? Comment garder les yeux ouverts?

Soyons d’accord, nous ne sommes pas dans un contexte de guerre mondiale où la crise était telle que désespéré le peuple s’accrochait aux messages patriotiques, de gloire et d’espoir du gouvernement. Nous pouvons prendre du recul, nous pouvons prendre conscience de la manipulation médiatique nous savons que les messages sont subtilement construits.

Mais dans un monde où les images fusent, des images standardisées et subjectives, il est difficile de trouver un modèle de vie différent.

Quelqu’un qui aurait baigné dans la société du spectacle depuis son enfance et qui souhaiterait changer de vie pour élever des moutons au milieu de nulle part dans les montagnes en se nourrisant de pain et de fromage, ferait preuve d’une force incroyable pour être capable de fuir ainsi les codes qui depuis toujours apparraisssent évident et fuir la solution du bonheur proposée par le monde commun: posséder des biens, avoir un haut statut social, beaucoup d’argent, correspondre aux modèles de beauté…

Disons le nous: nous n’en sommes pas capables. Comme le dit jialang : « Il est donc difficile pour nous de ne pas être accros à elle. »

Après avoir goûté à la consommation et au divertissement il est difficile de s’en passer.

Mais nous ne sommes pas foutus, nous ne sommes pas obligés de fuir, nous devons être conscient du monde qui nous entoure et apprendre à être critique et interpréter les images qui nous bombardent.

New York : représentation de l’hyperralité ?

NYC

Photographe: Tyb's

Je reviens d’une semaine de séjour à New York et je ne peux pas m’empêcher de  vous glisser deux mots sur cette ville qui vient confirmer et illustrer parfaitement toutes les notions vues dans le cours de Théories de la communication de masse.

Que l’on parle d’œuvre d’art, de représentations d’images, de spectacle, de société de consommation, de simulacre et d’hyperréalité New York peut servir d’exemple et particulièrement Time Square.

Au milieu des buildings de 60 étages qui l’écrase et la domine, la masse est envahie d’images colorées sur des écrans gigantesques annonçant les prochaines séries télévisées, les produits à la mode, les évènements médiatiques.

Les représentations de stars envahissent les rues et viennent s’imposer à la foule comme des Dieux narguant des fourmis et adulées par elles.

Les magasins de mode, de beauté, de souvenirs, de jouets, de produits de toutes sortes sont là pour que chacun puisse obtenir toujours plus et faire paraître un certain statut social, entrant donc dans le principe de réification.

Les gens qui y travaillent sont des coupures de magazines, café starbuck dans la main, cigarette ou new york times dans l’autre ( Tiens comme dans les films ! Un hasard ? je ne crois pas )  ils marchent vite, prennent le métro ou le taxi et s’enfuient aussi vite qu’ils sont apparus avalés par la machine géante capitaliste.

Les monuments deviennent des lieux d’attractions touristiques où l’important n’est plus de vivre la magie de l’œuvre et de comprendre son histoire mais de prendre la plus belle photo pour pouvoir la montrer à son entourage en rentrant chez soi, ou d’acheter le souvenir qui la montrera sous son meilleur angle.

Et pourtant au milieu de ce mic mac hyperréel, la réalité des hommes apparaît parfois éclatante et merveilleuse. Ce que j’entends par « réalité des hommes » , concept un peu tordu qui pourrait vouloir tout et rien dire à la fois, je l’admets, c’est l’humanité, le vrai contact, la recherche de l’autre et la fidélité à soi même. Toujours pas compris ? Voici des exemples :

Un groupe d’hommes plutôt âgés chante un gospel joyeux au milieu de la rue, les chanteurs donnent toute leur voix et tout leur cœur le résultat est époustouflant, une onde de chaleur envahie alors les passants et tout le monde applaudie avec vigueur.

Un homme vous adresse la parole, il veut savoir d’où vous venez, ce que vous faites, quelles sont vos origines, il rigole un peu essaie de parler français avec vous, il n’a rien a vendre ou a faire signer, aucune cause à plaider, il ne demande pas votre nom, il vous souhaite tout le bonheur du monde et s’en va.

Deux jeunes filles dans le métro répètent un passage d’une comédie musicale, ou d’une pièce de théâtre, une d’elles est habillée de la façon la plus improbable qu’il soit mais c’est la fille la plus heureuse dans ses baskets lorsqu’elle donne la réplique à son amie, chantant et jouant la comédie sans se préoccuper du mo
nde qui l’entoure , des gens qui la regardent.

C’est face à ce genre de situation que je ne peux m’empêcher de sourire et de penser que nous ne sommes pas des robots, nous ne sommes pas prisonniers de la société, nous sommes humains.

Oui mon article est long cette semaine, mais avec 20h de voyage c’est normal.

Systèmes politiques et sociétés : Du monde occidental au monde oriental

En réaction à plusieurs articles écrits par les étudiants chinois ( zhao cheng ,  zhao xun , asuka …)   sur les relations entre médias, gouvernement et citoyens en Chine j’aimerais écrire un billet sur les différences de politique et de communication entre deux systèmes qui sont le système capitaliste américain et le système communiste chinois.

Étant française je pense avoir assez de recul pour faire une critique de ces deux systèmes, certes en France nous sommes dans un système capitaliste mais plus modéré qu’aux États Unis ou au Canada même si la politique française tend à se rapprocher du système politique américain au cours des années.

De là où je suis, selon ma petite opinion d’étudiante parisienne en communication la première différence que je peux faire c’est que l’un contrôle les informations qui parviennent au peuple mais cela est de notoriété publique ( censure sur internet ), tandis que l’autre qui se proclame libéral le fait mais d’une tout autre façon, de manière plus souterraine ( un exemple très représentatif serait celui de la loi SOPA ).

Est-ce parce que je vis dans un système occidental qu’il me paraît de notoriété publique que la Chine à la main mise sur la communication et la divulgation d’informations ?

Confortablement installés devant notre télévision, devant le journal télévisé nous montrant des peuples orientaux opprimés par leur gouvernement, sommes nous aveuglés par notre propre système au point d’oublier de regarder comment fonctionne notre propre politique?

Le parti Communiste chinois gouverne le pays de façon autoritaire que l’on peut même qualifier de dictature étant donné qu’il n’existe pas de séparation entre les différents pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). Aux États Unis je pense pouvoir affirmer sans me tromper que ce sont les lobbys, les hommes de pouvoir, les grands entreprises qui font la politique du pays ( exemple: Universal Mobile face à Megauplaud ). Voilà une différence notable mais qui finalement dans les deux cas ne laisse pas grand espace pour la parole du peuple.

Ces deux système sont des extrêmes, l’un à gauche l’autre à droite, complètement opposés dans leur idéologie, leur organisation des pouvoirs et leur moyens de fonctionnement comme cela a toujours été dans l’Histoire. Tous deux partent d’une idéologie honorable mais dont l’application aujourd’hui est plus que critiquable.

L’homme trouvera t-il un jour la politique idéale? Un système qui mette les hommes sur le même pied d’égalité sans être répressif, un système qui favorise les efforts et qui accorde la liberté d’expression tout en veillant sur le bien être de son peuple?

Il y aura toujours des pauvres et des riches, il y aura toujours des idées différentes, nous ne sommes pas des robots nous réfléchissons différemment, nous n’avons pas la même mécanique.

Retour sur le texte de Guy Debord

Je viens de lire le texte de Guy Debord, La société du spectacle et je souhaiterais revenir dessus dans ce billet.

Guy Debord nous dresse un portrait noir et dramatique du spectacle. Le spectacle en tant que représentation d’images,  le spectacle en tant que partie de la société, le spectacle comme objet de contemplation, comme mise en scène et non restreint aux médias de masse.

D’où le titre « société du spectacle ».

Ce qu’il cherche à nous faire comprendre c’est que nous sommes passifs et aliénés devant un système d’images, de messages et de produits qui font partie intégrante de l’économie, de l’activité sociale et de nos modes de pensées.

Selon lui nous sommes soumis à la société du spectacle, nous avons presque oublié nos sens pour n’en privilégier qu’un : la vue.

Ce texte a été écrit dans les années 1960, il est encore très valable aujourd’hui.En effet, de nos jours tout est mis en scène, tout n’est qu’apparence et matériel.Nous vivons dans une société qui nous renvoie d’elle une image superficielle mais que nous prenons pour réelle.

Le contact humain est informatisé, nous adoptons des attitudes fausses inconsciemment pour renter dans ce que l ‘on nous montre être la société, nous agissons pour atteindre ce que l’on croit être le bonheur, alors que notre vision du bonheur est celle que d’autres veulent que nous ayons. Et c’est en nous bombardant d’images et en nous imposant des idéaux que la société nous fait rentrer dans son moule parce que le spectacle est  « l’affirmation de toute vie humaine ».

Même celui qui voudrait devenir anticonformiste, se rebeller et réfléchir par lui même va se retrouver face au spectacle, aux images et aux modèles d’anticonformisme établis, et finir par être conformiste dans l’anticonformisme.

Guy Debord nous dit : « Le  spectacle n’est pas un ensemble d’images mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images ».

Comprenons qu’il parle du spectacle comme moyen de communication et de diffusion, comme un ensemble de toutes les images qui façonne notre société.

Mary et Max d’Adam Eliott

Aujourd’hui je voudrais écrire un billet sur une oeuvre que j’aime beaucoup, Mary et Max d’Adam Eliott sorti au cinéma en 2009.

Il s’agit de l’histoire de deux vies, deux vies misérables et solitaires évoluant dans des mondes différents rythmés par la monotonie et la noirceur du quotidien.

Mary,  est une petite fille qui vie en Australie avec une mère alcoolique cleptomane, elle est rejetée à l’école et retrouve son seul répit dans le chocolat et dans son émission tv préférée. Naïve et curieuse elle se pose beaucoup de questions sur le monde qui l’entoure.

Max est un autiste obèse et maniaco dépressif qui vit seul à New York avec un perroquet, un chat et un poisson rouge. Il enchaîne les boulots dégradants et trouve le monde qui l’entoure très déconcertant.

Ces deux personnages commencent à entretenir une correspondance et vont lier une amitié très particulière qui va égayer leur vie. C’est ici que je met fin à mon résumé afin de vous donner à tous envie de le regarder.

En ce qui concerne l’image, l’univers est un monde de pâte à modeler de bouts de ficelles et de carton, le monde de Mary est un univers marron et celui de Max un univers gris. L’image reflète la morosité du monde réel. La bande sonore va aussi dans ce sens.

Les personnages sont des personnages du quotidien, ordinaires, ils ne sont pas beaux, pas intelligents, naïfs mais très attachants et n’ont jamais eu de chance dans leur vie. Max est attachant et pessimiste il est l’image des âmes délaissées par la société, existants partout mais dont on ne parle pas assez. Mary s’est construit un monde pour supporter la dureté du quotidien elle est aussi le reflet des enfants qui ont reçu une éducation qui laisse à désirer. Le film évoque l’alcoolisme, la maladie, le délaissement et c’est une histoire merveilleuse qui est racontée à travers cet univers.

Je vous ai décrit là un portrait bien noir de cette histoire mais sachez que malgré ces vies misérables le film est très beau, très touchant et on retrouve au milieu de cette tristesse beaucoup de bonheur.

Pour ceux qui ne l’ont jamais vu j’espère vous avoir donné envie de le regarder.